Cette année, la classe de français de Monsieur Grégoire Fazan (Year 9) a étudié Moi, Gulwali, le récit autobiographique bouleversant de Gulwali Passarlay. Au fil de leur lecture, les élèves ont analysé des passages, participé à des débats, réalisé des affiches et présenté différents chapitres de l'ouvrage.
En mai 2026, ils ont eu l'immense privilège de rencontrer Gulwali Passarlay à l’ISL, pour une rencontre riche en émotions et en échanges. Voici le témoignage de Louis, élève de Year 9, qui revient sur cette expérience marquante.
En mai dernier, Monsieur Fazan, notre professeur de français à l'ISL, a organisé une rencontre entre Gulwali, réfugié afghan, et les élèves de Year 9 ayant lu son livre.
Notre classe a eu la chance de passer tout un après-midi avec l'auteur afin de mieux comprendre son enfance déchirante, comment cette expérience l'affecte encore aujourd'hui en tant qu'adulte, mais aussi ce qu'il ressentait en tant que réfugié à seulement 11 ans.
Son intervention était poignante. Grâce à ses explications, nous avons ouvert les yeux sur la chance que nous avons de vivre dans un pays comme le nôtre : sans danger de mort permanent, sans bombes qui tombent toujours plus près de nous, et dans un cadre de vie difficilement imaginable dans des pays comme celui de Gulwali.
Nous avons discuté de toutes les épreuves qu'il a traversées avec son ami de voyage, Hamid. Contre toute attente, les deux amis nous ont fait revivre les moments les plus émouvants de leur voyage d'un an.
Nous avons été profondément touchés de comprendre que c'était leur amitié indéfectible qui leur avait permis de tenir et de faire face à cet enfer.
Ils nous ont également parlé de leur vie après leur voyage, de l'obtention de la nationalité britannique et de leurs retrouvailles avec leur famille.
Nous avons perçu le désespoir dans leurs yeux lorsqu'ils évoquaient les nouvelles méthodes utilisées par les garde-côtes pour refouler les migrants. Le traumatisme qu'ils avaient vécu était toujours palpable, même de nombreuses années plus tard.
Au fil de leur récit, une idée revenait sans cesse : la priorité absolue devait être le traitement réservé aux enfants réfugiés.
Ils nous ont expliqué qu'aucun enfant ne devrait avoir à vivre une telle épreuve et qu'il est essentiel de préserver l'innocence des plus jeunes le plus longtemps possible. Les exposer à autant de violence dès leur plus jeune âge ne peut qu'avoir des conséquences sur leur développement.
À la fin de notre rencontre avec Gulwali, nous sommes tous repartis profondément bouleversés, réfléchissant à tout ce que nous venions d'entendre.
Personnellement, j'y ai réfléchi pendant plusieurs jours. Je me suis dit que, enfant ou adulte, personne sur Terre ne devrait avoir à subir ce que Gulwali a vécu.
Pour cela, nous devons tous, à notre échelle, essayer de réduire cet enfer par tous les moyens : en donnant de l'argent à des associations, de notre temps ou encore des objets du quotidien. Chaque geste peut changer la vie de personnes dans le besoin.
Après avoir traversé le monde à bord de bateaux de fortune, marché pendant des heures, puis subi la violence et les mauvais traitements des passeurs, il est évident que ces personnes ont besoin d'aide pour s'intégrer dans notre société et trouver leur place.
Mais c'est surtout à notre génération qu'il appartient d'agir pour empêcher que de telles situations se reproduisent, en s'attaquant aux causes du problème et en promouvant la paix ainsi que le vivre-ensemble.
Texte rédigé par Louis, élève de Year 9, à la suite de la rencontre avec Gulwali Passarlay en mai 2026.